Mettre en place une redondance réseau simple avec une formation Cisco

Mettre en place une redondance réseau simple avec une formation Cisco

Fin octobre dernier, vers 19h, le switch principal de la boîte a décidé de rendre l'âme. Dans le noir de la salle serveur, j'ai branché un deuxième switch en urgence, j'ai relié les deux pour être 'sûr' et là, c'est le drame : tout le réseau s'est écroulé. J'avais créé une boucle, et sans le savoir, je venais de saturer la bande passante en quelques secondes. C’est ce soir-là, devant mon écran figé, que j'ai compris que la redondance ne s'improvise pas avec deux câbles et de l'espoir.

Avant d'aller plus loin, un petit mot de transparence : vous trouverez quelques liens affiliés dans ce texte. Si vous passez par eux pour prendre une formation, je touche une petite commission sans que ça ne change votre prix. Je ne vous parle que de ce que j'ai testé moi-même sur mon temps libre, entre deux tickets de support, pour ne plus avoir l'air d'un bleu devant une baie de brassage.

Pourquoi la redondance fait peur (et pourquoi on en a besoin)

Dans mon boulot de technicien près de Rennes, on me demande souvent de 'sécuriser' les connexions. Pour un non-initié, la redondance, c'est comme avoir une roue de secours dans le coffre. Sauf qu'en réseau, si vous montez la roue de secours alors que l'autre tourne encore, la voiture explose. C'est le problème des boucles au niveau de la couche 2 du modèle OSI (celle qui gère les adresses physiques des machines). Le réseau a 7 couches au total, et c'est souvent sur les premières qu'on fait les plus grosses bêtises.

Quand j'ai commencé à chercher comment éviter ces pannes, je suis tombé sur la Formation Cisco : réseaux et systèmes. Ce qui m'a plu, c'est qu'elle ne part pas du principe que tu es un génie des maths. On y apprend que pour qu'un réseau survive à la mort d'un switch, il faut un chef d'orchestre capable de dire : 'Toi, le câble de secours, tu restes éteint tant que le premier fonctionne'. Ce chef d'orchestre, c'est le protocole STP (Spanning Tree Protocol).

Manipulation de câbles Ethernet sur un switch pour tester la redondance physique.

Apprendre le Spanning Tree pendant les vacances de Noël

J'ai passé une bonne partie de mes vacances de Noël à regarder les vidéos de la formation sur mon canapé. C'est là que j'ai eu mon premier déclic. Le formateur expliquait que chaque switch s'envoie des petits messages (des BPDU) pour décider qui est le 'Root Bridge', le patron du réseau. C'est un peu comme une élection de délégués de classe, mais avec des priorités binaires.

C'est ici que j'ai compris pourquoi mon dépannage d'octobre avait foiré. Sans configuration, mes switchs ne savaient pas qui devait commander. J'ai aussi appris que même un simple en-tête Ethernet standard de 14 octets peut devenir une arme de destruction massive s'il tourne en boucle indéfiniment. La formation décortique ces concepts sans te noyer sous des termes d'ingénieur. Pour moi, c'était comme si on m'expliquait enfin le plan de plomberie d'une maison que j'habitais depuis des années sans savoir où étaient les vannes.

Si vous débutez vraiment et que le côté matériel vous effraie un peu, j'avais aussi jeté un œil à une formation sur les serveurs DHCP, mais pour la redondance pure, il faut vraiment s'attaquer au cœur de la machine Cisco.

Le passage à la pratique : Packet Tracer et sueurs froides

Au début du printemps, je suis passé aux exercices pratiques. Cisco propose un outil génial qui s'appelle Packet Tracer. C'est un simulateur. Vous glissez des switchs virtuels, vous tirez des câbles, et vous voyez les petits points passer de l'orange au vert. C'est là que j'ai passé mes meilleures (et mes pires) soirées. Le sifflement du ventilateur de mon vieux PC portable qui chauffe pendant que je lance une simulation réseau complexe à minuit est devenu mon bruit de fond habituel.

La formation vous guide pas à pas pour configurer les priorités. On apprend à taper des commandes dans l'IOS, le système d'exploitation de Cisco. Ce n'est pas du code compliqué, c'est plus une suite d'ordres logiques. Par exemple, dire à un switch qu'il est le secours numéro 1 pour tel groupe de machines. C'est très gratifiant de voir, sur son écran, qu'en 'coupant' virtuellement un câble, le trafic bascule sur l'autre chemin en quelques secondes. On se sent enfin maître de la bête.

Simulation d'une boucle réseau et du protocole STP sur Cisco Packet Tracer.

L'erreur qui m'a calmé un mardi soir pluvieux

Il faut être honnête : l'auto-formation, c'est aussi faire des boulettes. Un mardi soir pluvieux en mai, j'ai voulu tester une commande de configuration d'interface en direct sur mon propre routeur de labo. J'ai tapé la commande sur le mauvais port. Résultat ? J'ai coupé ma propre connexion internet pendant 10 minutes, le temps de trouver comment réinitialiser le truc en mode console. La sueur froide quand tu réalises que tu n'as plus accès à l'aide en ligne parce que tu viens de 'suicider' ton accès web... c'est le métier qui rentre.

C'est aussi à ce moment-là que j'ai réalisé une chose que les cours théoriques mentionnent à peine : la qualité du câblage. On peut configurer le meilleur protocole de redondance du monde sur des adresses IPv4 de 32 bits, si votre câble est plié à 90 degrés dans une goulotte trop serrée ou si la languette du connecteur est pétée, votre réseau tombera. Mon expérience de terrain m'a appris que 90 % des pannes de 'redondance' viennent d'un audit physique bâclé. Avant de toucher au logiciel, vérifiez vos câbles.

Est-ce que c'est pour vous ?

Si vous êtes comme moi, technicien support ou juste le 'gars de l'informatique' d'une PME, cette Formation Cisco : réseaux et systèmes est un investissement rentable en sérénité. Elle vous sort du mode 'bidouille' pour vous donner une méthode. Ce n'est pas une formation qu'on finit en trois jours. Il faut accepter de refaire les exercices, de se tromper dans les masques de sous-réseau et de relire trois fois le chapitre sur le routage inter-VLAN.

Pour ceux qui veulent aller encore plus loin dans l'automatisation de leurs tâches une fois le réseau stable, apprendre un peu de script peut aider. J'ai commencé à regarder du côté de la Formation au langage Python pour, à terme, pouvoir interroger mes switchs automatiquement et vérifier leur état de santé sans y passer mes matinées.

Comparaison entre un câblage réseau ordonné et un chaos de câbles.

Le mot de la fin

Aujourd'hui, quand je rentre dans la salle serveur, je ne vois plus juste des boîtes qui clignotent. Je vois une topologie logique. Je sais que si ce switch-là tombe, le trafic passera par là, parce que je l'ai décidé et configuré. Je me sens enfin légitime face aux prestataires ou aux serveurs de ma boîte. Si vous hésitez, commencez par maîtriser les bases du routage. Vous pouvez d'ailleurs consulter mon avis sur comment choisir la bonne formation pour le routage IP si c'est votre point faible.

Le réseau n'est pas une magie noire réservée aux ingénieurs certifiés. C'est une question de logique, de patience et de bons câbles. Si vous êtes prêt à y passer quelques soirées, lancez-vous sur cette formation Cisco, c'est la base de tout le reste.