
C’était vers la mi-novembre, tard le soir dans mon petit appart à côté de Rennes. J’avais devant moi un tableau Excel rempli de 50 VLANs à configurer sur un nouveau stack de switchs pour un client. En regardant mon écran, j'ai eu un déclic : mon boulot de technicien était devenu une suite interminable de copier-coller, une corvée répétitive qui n'avait plus rien à voir avec la réflexion technique.
Avant de plonger dans le vif du sujet, un petit mot de transparence : certains liens dans cet article sont des liens affiliés. Si vous passez par eux pour prendre une formation, je touche une commission. Ça ne change pas le prix pour vous, et ça m'aide à faire vivre ce blog. Je ne vous parle que de ce que j'ai moi-même testé le soir, après mes journées au support, en bouffant des vidéos et en ratant mes scripts.
Pourquoi le manuel nous tue (et pourquoi j'ai cherché une sortie)
Quand on bosse dans le support ou l'admin réseau de terrain, on passe notre temps à répéter les mêmes commandes. Vous connaissez la musique : se connecter en SSH, taper conf t, configurer l'interface, vérifier le port, passer au suivant. Sur un commutateur standard à 24 ports, c'est gérable. Sur un parc de trente machines, c'est une punition.
C'est ce soir-là que j'ai réalisé que je devais automatiser. Mais quand on cherche "automatisation réseau" sur le web, on tombe vite sur des trucs de dingues. On vous parle de DevOps, d'intégration continue, de micro-services... Des concepts qui semblent avoir été inventés pour des ingénieurs de la NASA. Moi, je suis le gars qui branche les câbles et qui dépanne les imprimantes. J'avais besoin d'un truc qui parle mon langage.

L'erreur classique : vouloir devenir développeur avant d'être technicien
Ma première erreur a été de vouloir apprendre le Python comme si je voulais devenir développeur web. J'ai suivi des cours gratuits qui m'apprenaient à faire des jeux de devinettes ou à trier des listes de noms de fruits. C'est sympa, mais ça ne m'aidait pas à configurer mon switch.
C’est là que j'ai compris mon erreur : arrêtez d'apprendre Python en partant de zéro. Pour nous, techniciens, c'est une perte de temps monumentale au début. Si vous passez deux mois à comprendre comment fonctionne l'héritage des classes sans avoir envoyé une seule commande à un routeur, vous allez lâcher l'affaire.
Mon conseil, c'est de commencer par solidifier les bases réseau d'abord. J'ai repris tout mon socle avec la Formation Cisco : réseaux et systèmes. Pourquoi ? Parce que pour automatiser un réseau, il faut d'abord comprendre exactement ce qu'on veut que la machine fasse à notre place. C'est comme vouloir utiliser un robot de cuisine sans savoir ce qu'est une cuisson à l'étouffée : vous allez juste faire n'importe quoi plus vite.
Le passage obligé par le CCNA
Même si je n'ai pas encore passé la certification officielle, le programme du code d'examen 200-301 est devenu ma bible. Cette formation m'a permis de mettre des mots sur des choses que je faisais au feeling. C'est essentiel parce que les outils d'automatisation comme Ansible ou les scripts Python ne tolèrent pas l'approximation. Si vous vous trompez dans votre masque de sous-réseau dans un script, vous cassez tout le réseau en une seconde au lieu de le faire un port après l'autre.
Si vous hésitez encore sur la marche à suivre, j'avais écrit un petit topo pour choisir entre formation Cisco ou Python pour évoluer au support technique, ça peut vous éclairer sur l'ordre des étapes.
Le déclic de février : Ansible avant le code pur
Fin février, j'ai changé d'approche. Au lieu de coder mes propres scripts Python avec des bibliothèques compliquées comme Netmiko dès le premier jour, je me suis tourné vers Ansible. C'est là que j'ai vraiment commencé à gagner du temps.
Ansible, c'est comme donner une liste de courses à quelqu'un : vous lui dites ce que vous voulez (le résultat final), et il se débrouille pour le faire. Pas besoin de savoir coder des boucles complexes au début. C'est seulement quand j'ai eu besoin de faire des trucs vraiment sur mesure que j'ai mordu au Python.
C'est là que la Formation au langage Python est devenue utile. Mais attention, je l'ai abordée différemment. Je ne cherchais plus à apprendre "le Python", je cherchais à résoudre des problèmes précis de technicien. Comment lire un fichier texte avec mes IPs ? Comment extraire le numéro de série d'un équipement ?
D'ailleurs, si vous voulez voir comment j'ai articulé les deux, j'ai détaillé ma méthode pour utiliser une formation Python pour automatiser ses tâches de technicien dans un autre billet.
La réalité du terrain : entre chaleur sèche et erreurs bêtes
On ne va pas se mentir, apprendre ça le soir après le boulot, c'est dur. Je me souviens d'une soirée en avril, il pleuvait des cordes dehors. J'étais sur un script censé récupérer les versions d'OS de tout mon parc de test. Ça ne marchait pas. J'ai passé deux heures à m'arracher les cheveux, à vérifier mes accès SSH, à redémarrer mes switchs de labo.
Tout ça pour quoi ? J'avais mis un point-virgule au lieu d'un deux-points à la fin d'une condition if. En Python, la syntaxe est stricte : il faut respecter l'indentation de 4 espaces, sinon rien ne tourne. C'est le genre de moment où vous avez envie de jeter l'ordinateur par la fenêtre.
Mais quand ça finit par marcher... C'est une sensation incroyable. Je repense souvent à mes interventions en salle serveur. Vous savez, cette chaleur sèche et ce bruit blanc constant des ventilateurs qui vous fatiguent le cerveau au bout de deux heures. Avant, je restais planté là avec mon câble console. Maintenant, je prépare mon script au chaud dans mon bureau, je le lance, et je regarde les lignes défiler. Je peux enfin boire mon café tranquillement pendant que le travail se fait.
Est-ce qu'un débutant peut s'y mettre ?
Si vous débutez totalement, ne commencez pas par le code. C'est le meilleur moyen de se dégoûter. Apprenez d'abord comment circule un paquet IP, ce qu'est un VLAN, comment fonctionne le routage.
Une fois que vous êtes à l'aise avec la ligne de commande (le fameux CLI), alors là, l'automatisation devient magique. Mon parcours a été celui d'un technicien fatigué de faire des tâches de robot. Vous n'avez pas besoin d'être un génie des mathématiques, juste d'être assez paresseux pour vouloir que la machine travaille à votre place.
Pour ceux qui veulent vraiment aller plus loin dans l'interface utilisateur ou les outils de diagnostic personnalisés, il y a aussi la Formation JavaScript : 100 % pratique. Je l'ai survolée, c'est très bien pour faire des petits tableaux de bord web, mais pour le pur réseau, Python reste le patron.
Mon verdict après 6 mois de pratique
Aujourd'hui, je ne configure plus mes VLANs à la main. J'ai ma petite bibliothèque de scripts et de playbooks Ansible que j'affine petit à petit. Ce n'est pas parfait, je me plante encore souvent sur des histoires d'indentation ou de versions de bibliothèques, mais je ne reviendrais en arrière pour rien au monde.
Si vous voulez arrêter d'être un simple exécutant et commencer à piloter votre infrastructure, foncez sur les bases Cisco d'abord. C'est le socle qui vous évitera de faire des bêtises automatisées. Et quand vous vous sentirez prêt à coder, prenez un cours de Python, mais gardez toujours en tête votre objectif de technicien : simplifier votre quotidien, pas compliquer votre vie.
On en discute autour d'un café si vous passez vers Rennes !